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  Arthrose et art
Obésité et gonarthrose



Arthrose des doigts

Arthrose des doigts

Le portrait de Cosimo de Médicis.
Par Jacopo Pontormo.

Interprétation par le Pr Richard Trèves (CHU Limoges)
   
Les arthroses interphalangiennes

L'arthrose des doigts touche surtout les interphalangiennes distales et les interphalangiennes proximales.
C'est une affection qui affecte surtout les femmes et qui commence le plus souvent aux alentours de la ménopause, voire avant.
L'atteinte des interphalangiennes distales est la forme la plus habituelle, souvent inaugurale de l'arthrose des doigts. Elle revêt un caractère familial et héréditaire, surtout chez les femmes.
Au début, elle se traduit par un gonflement, douloureux, un peu rouge, un peu chaud, qui s'installe à bas bruit. Cette arthrose peut conduire à des déformations pouvant entraîner une légère désaxation, appelée " nodule d'Héberden ".
Les troubles esthétiques sont parfois le premier motif de consultation.
Les radiographies ne sont pas indispensables. Parfois, cette arthrose de l'interphalangienne distale est accompagnée d'une poussée douloureuse de l'interphalangienne proximale. Celle-ci est moins fréquente et ne donne pas la même déformation (nodosités de Bouchard).
Le piège diagnostique d'une arthrose interphalangienne distale inflammatoire est un rhumatisme inflammatoire, en particulier le rhumatisme psoriasique.
Pour l'interphalangienne proximale, le piège diagnostique est la polyarthrite rhumatoïde.

L'évolution, faute de traitement (ou en dépit de certains traitements), va se faire vers des déformations caractéristiques avec un doigt raide, rendant très délicats les actes de la vie quotidienne.
Cette arthrose évolue progressivement avec l'âge et le vieillissement. Il y a des poussées douloureuses mais certaines formes restent totalement indolores et ce ne sont que les déformations qui conduisent à la consultation.
D'autres formes d'arthrose des doigts sont dites érosives : elles sont alors très inflammatoires et plus douloureuses.
C'est dire si cette arthrose érosive des doigts peut être confondue parfois avec un rhumatisme inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïde.

L'arthrose du pouce

La rhizarthrose est l'arthrose de la base du pouce. Elle est volontiers bilatérale, très invalidante et peut conduire les femmes qui en sont affectées, soit à interrompre leur activité professionnelle, soit à être particulièrement gênées dans leurs tâches quotidiennes.
La douleur, la maladresse, l'impotence, la difficulté à prendre les objets, à pincer entre le pouce et l'index, le caractère souvent nocturne de ces douleurs, la gêne à la mobilisation, mais surtout au moindre effleurement, font que cette rhizarthrose est considérée comme très invalidante.
Il existe une douleur à la pression de la base du pouce. La mobilisation du pouce entraîne des craquements.
L'évolution se fait vers la gêne fonctionnelle. Progressivement, après une période d'accès douloureux, la diminution de la mobilité s'installe.
Au stade des séquelles, la gêne est plus liée au handicap fonctionnel qu'à la douleur.

Que faire face à l'arthrose des doigts ?

Il est assez rare de devoir intervenir chirurgicalement dans l'arthrose des doigts en général et dans la rhizarthrose en particulier.
Le traitement médical habituellement préconisé pour l'arthrose des doigts sont les antalgiques (paracétamol …), les anti-inflammatoires en application locale (plutôt que par voie orale) et le port d'orthèses pour éviter les déformations.
Le port d'une orthèse la nuit au moment des poussées doit être proposé.
Il est rare d'admettre une efficacité durable des infiltrations cortisoniques.